Première rencontre avec Star, Shanty et les autres

Je l’ai déjà dit, il y a très peu de choses au monde qui peuvent me faire sortir du lit à une heure indue du matin. Voir un dauphin est l’une de ces choses. Alors imaginez à quelle vitesse six dauphins peuvent me faire quitter la chaleur des draps. Autant dire que vivre à Bunbury a plus que radicalement changé mon rythme de sommeil. Pendant les deux mois que j’ai passés là-bas, j’étais levée au plus tard à sept heures et je commençais à tomber de sommeil vers vingt et une heures. Mais revenons-en à nos six dauphins.

En route pour le Dolphin Discovery Centre

Nous sommes lundi 13 février, il est sept heures et je presse le pas dans la fraîcheur du matin en dévorant un croissant industriel. Thierry m’accompagne mais son niveau de nervosité n’est rien comparé au mien.

Alors que nous étions encore à Brisbane, tétanisés par l’ennui, j’ai découvert l’existence de cette petite ville d’Australie-Occidentale, Bunbury, 33 000 habitants au compteur et pas loin de 260 dauphins peuplant sa calme baie. Forcément, lorsque j’ai appris qu’on pouvait devenir bénévole au Dolphin Center local, je n’ai pas hésité une seconde. D’une main tremblante, les yeux fixés sur le message que j’avais rédigé, j’ai cliqué sur « envoyer » et mon sort était scellé. J’avais peaufiné mon formulaire de candidature, rédigé un mail plein d’enthousiasme et d’arguments convaincants. Mais j’étais tout de même extrêmement nerveuse. Pourtant, le lendemain, j’ai reçu un simple mail m’indiquant qu’on m’accueillerait avec plaisir à Bunbury. Je crois que j’ai dû crier de joie.

Cela fait deux fois que je demande le chemin à des passants et toujours pas l’ombre d’un dauphin à l’horizon. Le centre n’est vraiment pas à côté de notre hôtel. Mais nous apercevons finalement le pont qui nous indique que nous sommes sur la bonne voie. Et après une quarantaine de minutes de marche, nous distinguons le bâtiment bleu vert ou nous nous rendrons presque quotidiennement au cours des deux prochains mois. C’est Ray, un fringant septuagénaire, qui nous accueille et se charge de notre formation qui durera deux demi-journées et à l’issue de laquelle nous pourrons fièrement endosser le t-shirt rouge des volontaires du Dolphin Discovery Centre.

C’est avec sa bonne humeur et son enthousiasme légendaire que Ray nous fait faire le tour des lieux, nous explique le fonctionnement du centre, sa hiérarchie et surtout notre rôle au sein de l’équipe. Notre tâche principale en tant que bénévole est d’informer les visiteurs du centre et d’encadrer leur rencontre avec les dauphins. Car ce qu’il y a d’incroyable et de magique à Bunbury, c’est que les dauphins viennent d’eux-mêmes chercher le contact avec les humains. Ils viennent régulièrement visiter ces étranges créatures que nous sommes à la plage de Kumbana Bay, dans ce qu’on appelle l’« interaction zone » où il est possible de se tenir à quelques centimètres d’eux ! Mais pour que les échanges se passent au mieux, dans le respect de leur nature sauvage, il faut faire respecter certaines règles et les bénévoles sont là pour ça.

Première rencontre avec Star, Shanty et les autres

Thierry et moi ne tardons pas à bénéficier d’un enseignement pratique : en milieu de matinée, la cloche retentie, informant toute personne présente que les dauphins sont arrivés. D’un pas rapide, nous descendons sur la plage où les volontaires sont déjà dans l’eau, formant une ligne espacée. Les visiteurs sont alors invités à entrer dans l’eau tiède à leur tour et à venir se placer entre les t-shirts rouges. Nous ne nous faisons pas prier et rejoignons les curieux. Nous prenons bien soin de garder les mains hors de l’eau (il est interdit de toucher les dauphins, ce qui serait le meilleur moyen de les faire déguerpir de toute façon).

J’ai à peine pris place dans la ligne qu’une nageoire dorsale file à quelques centimètres devant moi. Je suis un peu sonnée. J’aperçois un autre aileron à gauche, un à droite… En tout, six dauphins sont venus nous rendre une visite exceptionnelle ! Cracker et son bébé Gouda, Shanti la matriarche, la sympathique Éclipse, l’imposant Star ainsi qu’un dauphin que les bénévoles ne parviennent pas à identifier ce jour-là. Je n’en crois pas mes yeux. Ils sont tous là, si proches, dans une eau limpide. Ils nous observent avec curiosité, passant et repassant à proximité de nos jambes immergées. Je suis tellement émue que j’en ai les larmes aux yeux. C’est l’une des choses les plus incroyables et les plus merveilleuses que j’ai faites dans ma vie… Cela peut sembler exagéré, un peu niais ou que sais-je encore. Mais une telle rencontre avec des animaux sauvages dans leur milieu naturel est si rare. Ils font preuve d’une telle confiance, d’une telle curiosité. Comment après cela se rendre dans ces mouroirs que sont les delphinariums et autres parcs aquatiques ?

Après de longues minutes et l’une des plus belles interactions de la saison, les dauphins reprennent un à un la direction du large. Nous sortons de l’eau, abasourdis, entre rêve et réalité. Un large sourire s’étant sur nos visages. C’est ici que nous allons passer les deux prochains mois ?! Je crois que j’ai atterri au paradis…

Pour voir l’ensemble de mes photos, c’est par ici !

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Catherine Derieux


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2 Comments

Tiphanya

Cela doit effectivement être une expérience unique.
Les dauphins (pas forcément les mêmes) venaient tous les jours dans la baie ?
Assez bizarrement je n’ai quasiment pas profité de l’océan lors de mon voyage en Australie.

Reply
Cathy Mini

Comme il s’agit d’animaux sauvages (on essaie d’influer au minimum sur leur comportement), non, ils ne viennent pas tous les jours dans la baie. ça arrive parfois, qu’ils ne viennent pas pendant tout une semaine. Mais ils viennent néanmoins très régulièrement, certains plus que d’autres d’ailleurs :)

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