Jodhpur, l’inhospitalière

Samedi 22 août 2009

Aujourd’hui, nous quittons notre douce Udaipur en direction de Jodhpur. De la ville blanche à la ville bleue. À part la route, les paysages qui défilent, de plus en plus arides à mesure que nous progressons vers l’ouest, la journée a été plutôt calme. Nous avons rapidement visité le temple jaïn de Ranakpur et profité d’un bon déjeuner sur la route…

Pal Haveli Hotel

Near Clock Tower

Gulab Sagar 342 001

http://www.palhaveli.com

Dimanche 23 août 2009

Je n’aime pas Jodhpur. Je trouve la ville sale et peu accueillante. Et je ne m’y sens pas non plus très en sécurité. Notre hôtel, cerclé de hauts murs, débouche directement sur le bazar de la ville. Des milliers d’yeux scrutent nos allers et venues, des bouches maugréent sur notre passage. Lors que nous sommes en voiture, à chaque ralentissement, chaque arrêt, des femmes et des enfants se jettent à nos fenêtres closes pour réclamer de l’argent avec virulence. Ils tapent du plat de la main sur les vitres, nous haranguent avec des regards mauvais. Non, je n’aime pas Jodhpur.

Cette ville inhospitalière souffre de la comparaison avec Udaipur que nous venons de quitter. Ah, qu’il y faisait bon vivre… Que le contraste est dur. La journée que nous passons dans la ville bleue en est presque lourde.

Suite à ma rencontre malencontreuse avec un singe mal luné dans les hauteurs de Bundi, je me vois traînée par Maman-infirmière à l’hôpital Rajdadiji pour une injection de Rabipur (369 roupies). En effet, l’institut Pasteur a recommandé de ne prendre aucun risque : je vais donc avoir droit à plusieurs injections de vaccin contre la rage dans les jours à venir. Sur place, on prend mon nom, mes coordonnées… et on semble bien étonné de la raison de ma visite. Je sens quelques regards moqueurs glisser sur moi. Je me renfrogne. On m’emmène en salle d’examen, me fait patienter. On me répète que le vaccin n’est pas nécessaire… L’évènement prend une telle ampleur que j’ai même droit à une visite du directeur de l’hôpital ! Je suppose que les touristes sont plutôt rares dans les couloirs.

On me fait finalement mon injection. Plusieurs personnes se rassemblent alors à côté de moi et discutent en hindi en me jetant des regards furtifs. J’ai la nette impression qu’on se moque de moi, mais mon hindi n’est pas assez affûté pour me permettre de comprendre leurs propos. Quoi qu’il en soit, leur comportement me dérange. Finalement, lorsque le médecin se retrouve seul, j’obtiens ma petite vengeance… Je lui demande en hindi s’il veut bien me donner la boîte du médicament (il faut toujours avoir une trace de ce qu’on vous injecte dans le corps !) Il ouvre alors de grands yeux, un éclair de panique traverse son regard. Il me demande si je parle hindi (il croit peut-être avoir halluciné). Je confirme. Encore plus déconfit, il s’inquiète alors de savoir si je suis Indienne. J’explique que non, que je parle hindi, c’est tout. Ainsi, si lui et ses acolytes se sont effectivement moqués de moi, il doit se sentir bien stupide et gêné, incapable de savoir ce que j’ai compris à leurs propos. Je quitte l’hôpital, un petit sourire satisfait aux lèvres.

L’après-midi, nous visitons la forteresse Mehrangarh et le Jaswant Thada, le cénotaphe de Jaswant Singh II. Malgré la beauté des lieux et des paysages, rien n’y fait. Je ne me sens pas à l’aise dans cette ville. C’est à peine si je sors mon appareil photo…

Lorsque nous rentrons à l’hôtel en fin de journée, Maman-nerveuse et moi-même sommes bien contentes de quitter les lieux dès le lendemain. Nous nous endormons en murmurant le souhait que la prochaine étape soit plus chaleureusement que Jodhpur.

Lundi 24 août 2009

Encore une journée rongée par la route… Encore plusieurs heures aujourd’hui passées à dévorer les kilomètres.

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Catherine Derieux


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