L’hôpital des koalas

Dimanche 27 novembre

Alors que le soleil réchauffe agréablement mes jambes et que je peine à ouvrir les yeux, je m’inquiète de l’heure pensant que le réveil n’a pas sonné… Je m’étire doucement puis tends le bras vers la table de nuit. Je soulève une paupière pour constater qu’il n’est même pas huit heures. En effet, le réveil n’a pas sonné. Mais ce n’est pas étonnant puisqu’il est programmé pour neuf heures ! Finalement, les habitudes de la ferme sont déjà bien ancrées : nous nous levons encore aux aurores.

Aujourd’hui, nous décidons de nous rendre au Billabong Koala and Wildlife Park. On nous indique le bus 335. Sauf qu’après environ une heure d’attente, toujours pas de bus à l’horizon… Sans moyen de locomotion, impossible de nous rendre au zoo, et nous n’avons aucune idée de la fréquence du bus, surtout le dimanche. Nous décidons finalement de changer nos plans et c’est à pied que nous prenons le chemin du Koala Hospital.

Comme cela nous est déjà arrivé à Sydney, nous nous faisons avoir par les distances sur la carte. Notre destination est bien plus éloignée que ce que nous imaginions. Et le soleil tape dur. Je dégaine les tongs et la crème solaire, sagement rangées dans mon sac. Nous faisons également un arrêt dans une station-service pour acheter une bouteille d’eau fraîche. Elle ne fait pas long feu…

Vers onze heures et demie, nous arrivons enfin à l’hôpital des koalas, situé au cœur de la Macquarie Nature Reserve, sur Lord Street. Quelques grands panneaux informatifs nous accueillent, relatant les aventures de certains pensionnaires de l’hôpital, détaillant les infections les plus courantes ou l’histoire de la société de préservation des koalas. Près du stand de souvenirs, une énorme peluche se prête aux photographies et un panneau indiquant les araignées dangereuses voire mortelles me donne des sueurs froides. Nous entamons ensuite le tour des enclos extérieurs où nous apercevons quelques koalas dissimulés dans les feuilles ou perchés dans les hauteurs d’un arbre.

La visite s’achève rapidement, à ma grande déception. Je pensais qu’il était possible de visiter l’intérieur de l’hôpital, là où sont soignés les koalas, et pas seulement les enclos de réhabilitation… De plus, on ne croise aucun membre du personnel : ni vétérinaire ni bénévole avec qui discuter. Une visite est organisée à quinze heures, au moment où sont nourris les koalas, mais il n’y a rien à faire pour s’occuper pendant les trois heures d’attente. Nous sommes venus beaucoup trop tôt. Nous capitulons et décidons de chercher un endroit où nous rafraîchir sur le chemin du retour.

Nous prenons la route en direction des plages, persuadés qu’il doit y avoir au moins quelques stands de glaces et de boissons. Encore une fois, c’est un échec ! Nous longeons la route, profitant d’une vue plongeante sur de superbes plages, mais pas le bout d’un cône à l’horizon. Nous marchons trois bons quarts d’heure sous un soleil de plomb avant d’apercevoir un café où nous nous arrêtons pour boire un verre bien frais.

Requinqués, nous repartons, cette fois dans l’idée de déjeuner. Lorsque nous arrivons devant le supermarché, nous décidons de faire quelques courses et de rentrer manger à l’auberge. Nous nous sommes enfin décidés à acheter un sac isotherme, denrée indispensable pour stocker de la nourriture lorsqu’on loge dans un backpacker hostel (au Maze, à Sydney, nous n’en avions pas et des résidents peu scrupuleux n’avaient pas hésité à se servir allègrement dans notre bouteille de lait !)

Après avoir soulagé nos estomacs (trio gagnant depuis notre arrivée en Australie : tomate, feta et « french sauce »), nous allons nous prélasser dans la piscine, un peu trop fraîche au goût de Thierry qui met quelques longues minutes avant de s’immerger dans l’eau claire. Alors que le soleil décline, se faisant plus clément, nous pointons de nouveau nos museaux à l’extérieur avec l’envie soudaine de s’offrir un dîner au restaurant.

Nous jetons notre dévolu sur le Spinnakers Restaurant (à l’intérieur du Sails Resort, 20 Park Street, Port Macquarie, 2444) que nous apercevons depuis la promenade, lové au bord de l’eau. L’accès y est assez confidentiel mais la vue vaut le coup ! Le miroir de l’océan, les teintes enflammées du ciel, les bateaux qui se languissent dans le jour qui se meurt…

Alors qu’un plat me fait particulièrement de l’œil (Saumon teriyaki, wok de légumes asiatiques et gâteau de riz au wasabi !), une de mes récentes lectures me revient en mémoire. C’était à propos des espèces aquatiques menacées par la pêche en Australie. Le saumon atlantique proposé dans ce plat faisait partie de ces espèces qu’il était conseillé d’éviter. Je ravale mon enthousiasme et opte pour un poisson non menacé accompagné de frites et d’une sauce citronnée ainsi que d’une salade de roquette, tomates et parmesan. Cela fait moins rêvé, mais ça reste bon, surtout accompagné d’un excellent verre de vin blanc. En dessert, petite mousse au chocolat amer avec sa boule de glace à la banane. L’addition est un peu salée mais le service, charmant et chaleureux, fait agréablement passer la pilule.

La vie à la ferme me semble déjà à des années lumières et si la famille Campbell et mes animaux chouchous me manquent, je ne suis pas mécontente de découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles plages… Cette première journée loin d’Honeycomb Valley s’est révélée très agréable et le charme de Port Macquarie nous a largement fait oublier nos quelques déconvenues !

Photos by Thierry Tournié

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Catherine Derieux


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