La semaine de la loose (part 2)

Samedi 29 octobre

Nous apprenons au réveil que, finalement, nous n’avons pas obtenu la chambre que nous avons visitée hier. L’un des locataires est passé directement par le propriétaire pour faire passer le dossier d’un de ses amis. Nous nous sommes fait doubler. Intense frustration. Il faut ravaler sa déception et repartir au McDo pour une nouvelle journée de recherche…

Nous dégotons finalement une annonce intéressante : une petite maison à partager avec deux garçons près de la gare de Redfern. Le loyer est très attractif et on nous invite à venir visiter les lieux dans la journée. Nous marchons donc vingt minutes jusqu’au métro afin de rallier Redfern, à seulement deux arrêts. Mais là, mauvaise surprise ! La gare de Newtown est fermée tout le week-end pour travaux… Bon, nous ne nous décourageons pas et décidons de marcher jusqu’à la gare de MacDonaldtown (oui, sérieusement !), pas trop éloignée.

Nous marchons encore quinze bonnes minutes et, comme un malheur n’arrive jamais seul, nous tombons sur une nouvelle gare fermée. Apparemment, des bus de liaison circulent entre les stations. Nous attendons un moment mais rien… Redfern est trop éloigné pour envisager d’y aller à pied (et il faut reconnaître qu’on en a déjà dans les pattes) alors… je dégaine mon pouce ! J’adresse de grands sourires désespérés aux automobilistes qui me regardent avec des yeux ronds mais ne semblent pas décidés à s’arrêter. Finalement, après quelques minutes de patience, un Australien d’une trentaine d’années, à moitié hilare, s’arrête et nous prend en stop. Il nous explique que ce n’est pas très répandu en Australie, moins qu’en Europe. En même temps, faire du stop en ville, cela peut sembler particulièrement étrange. Il nous dépose devant la gare et nous le remercions chaleureusement.

Il nous faut encore marcher un peu avant d’atteindre la bonne adresse dans Cleveland Street. Alors que je m’attendais à un étudiant, c’est un homme à la trentaine bien entamée qui nous fait visiter, le genre de type un peu craignos qui mange les céréales à même le paquet dans les séries télévisées américaines. Cela nous refroidit assez vite. Mais ce n’est rien comparé à la maison… On entre par-derrière, par une allée encombrée qui ne présage rien de bon. L’intérieur est pire encore. Cette maison est un tel taudis que je me retiens difficilement de rire. La situation est franchement absurde. Après avoir autant galéré pour arriver jusqu’ici, il n’y a que deux options de toute façon : rire ou pleurer. Les deux résidents ne sont pas dupes. Eux aussi semblent prêts à rire. Sauf qu’eux, ils y vivent réellement dans ce trou à rats. Nous nous éclipsons.

Encore un peu de marche, puis nous parvenons à attraper un bus qui nous ramène à Newtown. Exténués, nous savons qu’il nous faut retourner au McDo et recommencer, encore et encore, à chercher…

 Photos by Thierry Tournié

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Catherine Derieux


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