Forster-Tuncurry, l’eau glacée… et les dauphins !

Après une dure semaine de labeur à la ferme, Anna nous a emmenés à Forster-Tuncurry pour notre jour de repos. Enfin, de repos c’est vite dit : départ à huit heures trente pétantes, ça ne laisse pas vraiment le temps pour une grasse mat’ ! Déposés à neuf heures devant l’office de tourisme, c’est armés d’une carte du coin que nous commençons notre exploration.
Forster-Tuncurry, c’est le nom de deux petites agglomérations de la région des Great Lakes, reliées par un pont. D’un côté, elles s’ouvrent sur l’océan, offrant d’agréables plages ; de l’autre, elles donnent sur un lac aux eaux claires où l’on peut faire un tour en canoë ou en pédalo. Parsemez ici et là quelques bancs de sable au milieu des eaux qui varient du turquoise au bleu marine en passant par l’émeraude, saupoudrez de quelques dauphins sauvages, arrosez de soleil et vous obtenez un lieu de rêve que l’on n’a plus aucune envie de quitter une fois qu’on y a mis les pieds !
Notre promenade débute du côté de Forster où nous longeons le lac en lâchant régulièrement des exclamations d’admiration, passons sous le pont et allons taquiner gentiment les pélicans. J’essaie de m’approcher doucement, mais décidément, ils ne veulent pas de moi et s’éloignent de leur démarche claudicante. Nous marchons ensuite jusqu’à la pointe du brise-lame d’où nous apercevons quelques dauphins batifolant au large d’une plage de Tuncurry. La journée commence plutôt bien !

Nous longeons ensuite une plage où les vagues glacées viennent nous lécher les pieds. Comme la plupart des grandes plages australiennes, celle-ci dispose d’une piscine d’eau de mer. La température nous semble plus supportable alors nous filons nous mettre en maillot. Après une fraîche baignade (disons plutôt une épreuve pour Thierry, mon compagnon frileux), nous nous mettons en quête d’un endroit où déjeuner. Nous arrêtons notre choix sur le restaurant Bella Bellisimo (Memorial Drive Forster, NSW 2428, fermé le lundi), un restaurant italien offrant une agréable vue sur le lac. Nous commandons deux délicieux risottos tellement copieux qu’aucun de nous n’arrive à terminer son assiette. La serveuse nous propose gentiment d’emporter les restes, concept pratique et économique que l’on aurait pourtant beaucoup de mal à concevoir à Paris (et c’est bien dommage) !
Dans l’après-midi, nous passons du côté de Tuncurry où nous souhaitons jeter un œil à la Nine Mile Beach. Vous savez, ce genre de plages désertes et magnifiques que l’on ne voit que dans les films ? Eh bien c’est à peu près ça ! (Sauf que ce qu’on ne vous dit pas dans les films, c’est que le soleil tape tellement fort qu’on ne peut pas y rester plus de dix minutes car en plus de cela, l’eau est beaucoup trop froide pour se baigner, c’est d’ailleurs pour cela que la plage est déserte…)

Nous retournons finalement vers la Rock Pool, une toute petite plage fermée par un filet pour protéger les baigneurs du courant. Quelques courageux font trempette et, étant donné le soleil de plomb, j’ai bien envie de les imiter. Après un petit sorbet à l’ombre, nous enfilons nos maillots et nous dirigeons vers le bord de l’eau. Thierry y plonge un orteil méfiant puis renonce. C’est à ce moment-là que j’aperçois les dauphins… Je n’ai même pas le temps de réaliser que je suis déjà dans l’eau en train de nager vers le filet, laissant Thierry sur la plage. Arrivée à la limite autorisée, je m’accroche à une bouée et ouvre grand les yeux. Je n’ai pas à attendre bien longtemps : à une quinzaine de mètres, j’aperçois un Grand dauphin (comme le fameux Flipper)… puis un autre… et même une mère avec son delphineau !
Je me retourne et fais de grands signes à Thierry pour l’inciter à venir. Il entre pas à pas dans l’eau, les bras serrés autour de son corps. Je peux presque le voir grimacer d’ici ! Après un temps infini, il parvient enfin à mes côtés. Les dauphins sont toujours là, plongeant puis revenant à la surface par intermittence. Ils sont si près que je dois résister à l’envie de passer par-dessus le filet pour les rejoindre…

Transi de froid, Thierry finit par rejoindre la plage. De mon côté, je suis tellement captivée que je ne peux détacher mes yeux des dauphins et encore moins envisager de quitter mon point d’observation. J’ignore combien de temps je suis restée là à les regarder. Je me souviens en revanche avoir poussé un cri de joie en voyant un dauphin s’approcher à dix mètres à peine. J’étais tellement heureusement que j’en aurais versé des larmes de bonheur… Puis, après un (très) long moment, j’ai commencé à réaliser que je ne sentais presque plus mes pieds tellement l’eau était glacée. Alors je me suis arrachée à mon filet et j’ai nagé jusqu’à la plage, me retournant régulièrement pour apercevoir un dernier aileron, une dernière nageoire caudale…
Nous avons enfin pris le chemin du supermarché où nous devions faire quelques courses avant qu’Anna ne passe nous prendre pour nous ramener à la ferme. Lorsque nous l’avons retrouvée, j’avais encore un sourire béat accroché au visage et je parlais avec excitation de cette journée parfaite, recouverte d’une bonne couche de crème solaire. En tout cas, une chose est sûre, avant de reprendre la route vers le nord, nous reviendrons faire halte à Forster-Tuncurry !

Photos (sauf la dernière) by Thierry Tournié

Last photo by me

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Catherine Derieux


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