Day 5 : Arrivée à Kyoto

Vendredi 16 juillet 2010 :

Comme je vous l’annonçais dans mon précédent billet, Marion-San et moi-même avons délaissé Tokyo pour quelques jours, direction Kyoto ! Jeudi 15 au soir, nous quittons notre nid douillet d’Akebonobashi pour une marche de la douleur jusqu’à Shinjuku où nous devons prendre le car. En chemin, Marion se voit proposer son premier host et semble ravie !

Arrivée très (très très) en avance pour le check-in, nous tentons de profiter de l’accès libre aux ordinateurs proposé par notre compagnie. Malheureusement, un petit chien nous annonce en japonais que Twitter et Facebook ne sont pas accessibles. Nous voulons alors consulter nos mails… Peine perdue ! Il faut déjà trouver comment désactiver les hiragana, puis il se révèle que le clavier japonais n’aime pas l’underscore ni l’arobase, sésame pourtant indispensable à l’accès de ma boîte mail. Après quelques manips, je parviens malgré tout à obtenir un copier-coller de mon adresse afin de me connecter. C’est alors que ce mesquin petit chien nippon refait son apparition ! Tant d’efforts et de ruses réduits à néant, quelle frustration pour les deux accros du WiFi que nous sommes…

Finalement, à 22h25 tapantes, nous pénétrons dans un mini hall d’aéroport avec ses portes et ses panneaux d’affichage. 22h35, début de l’embarquement. 22h40, départ pour 8h de route entre semi-conscience et somnolence. Ô joie.

À 01h30, le car s’arrête, les lumières se rallument brusquement et une annonce incompréhensible grésille dans les haut-parleurs au-dessus de nos têtes. Nous voyons les femmes, toutes les femmes et uniquement les femmes, se saisir de leur portefeuille, enfiler leurs chaussures et se précipiter à l’extérieur du car : pause pipi ! Marion-San et moi faisons de même, un peu hébétées par le sommeil. Dans la nuit noire, au milieu des véhicules tous identiques, nous trottinons jusqu’à la petite bonne femme rose peinte sur le mur. Nous rions mais nous ne traînons pas, de crainte que le car ne reparte sans nous, incertaines quant à l’annonce en japonais que nous n’avons pas comprise. En sortant, nous apercevons une « compagne de voyage » un peu étrange qui ne semble pas se presser. Mais une femme qui se promène avec une sorte de jupe-serviette de bain autour de la taille est-elle réellement fiable ? Nous reprenons notre trot. Le car est toujours là, nous reprenons notre route, soulagées dans tous les sens du terme.

5h40, arrivée à Kyoto. Notre première mission du jour est d’acheter notre billet de train pour Nara. Nous arpentons les couloirs de la gare sans trouver de guichet adéquat. Nous tentons donc de communiquer avec une guichetière qui nous indique l’endroit où acquérir notre pass pour la ville des biches en liberté. À la vue de notre égarement devant la machine retorse, une Japonaise nous vient gentiment en aide mais nous repartons avec un ticket de la Kintetsu au lieu d’une ligne JR (toutes deux nous emmènent bien à Nara mais la première semble requérir des sièges réservés que nous n’avons pas)… Nous sommes un peu dépitées en passant devant les machines JR que nous connaissons bien pour les avoir utilisées à plusieurs reprises à Tokyo. Il faudra attendre le 19 pour savoir si notre ticket est bien valide. Suspense.

À l’extérieur de la gare, nous entamons une nouvelle marche de la souffrance, lourdement chargées de notre paquetage pour la semaine. En chemin, nous faisons une pause dans un McDo afin de remplir un peu nos estomacs affamés. Au menu : « Petits pancakes » (en français dans le texte). Un étonnant régal ! Nous arrivons à notre auberge sur les coups de 8h. Le temps de nous connecter à internet pour dire à nos hommes qu’ils nous manquent, de prendre une bonne douche bien méritée (et pas du luxe !), d’enfermer les affaires superflues dans un casier (oui, dans cet ordre, chacun ses priorités !), et nous voilà reparties en direction du Nijo Castle, à quelques centaines de mètres de là.

Il est encore tôt mais le soleil tape déjà fort. Nous visitons le fameux château dont les pièces sont toutes plus ou moins identiques puis filons dans le parc, un peu trop balisé à notre goût. Mais la fatigue a rapidement raison de notre motivation et nous ne profitons qu’à moitié de la ballade.

Après un bref passage à l’auberge, nous repartons pour nous rendre au Daitoku-ji (en bus cette fois, nous avons retenu la leçon). À notre arrivée sur place, le grand temple semble fermé et nous sommes assez déçues par les lieux. C’est certes beau, raffiné, éminemment nippon, mais il n’y a aucune activité dans les lieux, nous ne savons pas bien si nous sommes chez des particuliers ou non, c’est très étrange et déroutant. Nous finissons par suivre les quelques personnes que nous croisons et par payer 400 yens pour entrer dans ce que nous pensons être un vrai temple (avec amulettes, tapes dans les mains et autres rites shintos) : le Daisen-In temple. Nouvelle déception. Nous faisons le tour du lieu en deux minutes montre en main, les souvenirs sont absolument hors de prix et nous, pauvres gaijins, nous n’avons pas droit à l’explication sur les lieux à laquelle ont eu droit les trois Japonais présents.

Frustrées, nous refusons de rester sur une telle incompréhension (qu’a donc à offrir ce lieu que nous n’aurions pas encore découvert pour être ainsi répertorié dans tous les guides ?) : nous décidons de remonter une dernière allée afin d’élucider le mystère. Rapidement, nous entendons d’étranges cris au loin. Nous élaborons alors divers scénarii, des plus logiques aux plus abracadabrantesques, allant d’une manifestation spéciale ayant attirée à elle toute la vie du lieu jusqu’au massacre de moines bouddhistes… Il faut dire qu’au fur et à mesure de notre avancée, les cris s’intensifient et gagnent quelque chose d’effrayant, oscillant entre la détresse, le son d’une sirène et la rengaine militaire… Quelle n’est pas notre surprise en arrivant au bout de l’allée de découvrir… un cours de tennis !

Si le Daitoku-ji est resté sans grand intérêt, la résolution du mystère de l’origine des cris nous a menées jusqu’à proximité de l’Imamiya Jinja, un vrai temple comme nous en rêvions ! Nous avons ainsi pu photographier à loisir les accessoires typiques du temple shinto et j’ai pu faire mon premier vœu (la personne concernée se reconnaîtra ^^). L’Imamiya Jinja est un lieu vraiment agréable et reposant, une jolie surprise dans notre itinéraire un peu dévié.

Après cette petite immersion spirituelle, nous avons pris la route pour le seul, l’unique, j’ai nommé… le pavillon d’or ! N’ayant pas eu la chance de pouvoir me rendre à Amritsar lors de mon voyage en Inde, le Kinkakuji était donc un passage obligé que je n’aurais loupé sous aucun prétexte, pas même l’énorme orage qui grondait au-dessus de nos têtes. J’ai du implorer Kami-sama et ais obtenu sa clémence pendant notre visite. La pluie torrentielle n’a inondé les rues qu’une fois que nous avons pu nous mettre à l’abri dans un charmant petit magasin, le Chirimen Craft Museum (15-4, Ginkakujimae-cho, Sakyo-ku, Kyoto). Malgré la menace des nuages gris, nous avons apprécié la visite, nous laissant prendre au jeu touristique pour quelques instants : se faire tirer le portrait devant le monument étincelant, lancer quelques pièces en espérant atteindre le bol des kamis, acheter une tablette votive… Si le retour en bus a été un vrai calvaire et que mes pieds agonisent encore, ces petits désagréments n’atteignent pas les souvenirs colorés et chauds que nous nous constituons peu à peu, Marion-San et moi. En parlant de chaleur, sur nos épaules se dessinent déjà les premières traces d’un léger coup de soleil… Après la pluie, le beau temps ? Il nous faudra alors ressortir la crème solaire.

 

Prochaine escale :

Day 5 (suite) : Gion Matsuri

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Catherine Derieux


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