Day 37 : Sunsqlit, de Shibuya à Ueno

Mardi 17 août 2010 :

Je ne sais pas pourquoi, mais ces derniers temps, avec Marion-San, nous avons du mal à réaliser ce que nous programmons quotidiennement. Aujourd’hui n’a pas fait exception. Nous avions prévu de faire un saut à Shibuya en début d’après-midi puis d’aller au « Ikebukuro Life Safety Learning Center » (où l’on apprend comment réagir en cas de catastrophes naturelles dans un appartement reconstitué) pour terminer sur un onsen dans le quartier (en espérant que mon tatouage ne nous en bloque pas l’accès). Mais ce matin, en vérifiant les horaires du ILSLC, nous réalisons qu’il est ouvert tous les jours… sauf le mardi ! Tant pis, ce sera pour une autre fois.

Nous partons donc en direction de Shibuya où nous découvrons une nouvelle friperie « European & US antique » absolument sublime et au décor délirant : Grimoire. Pourtant, ce n’est pas pour faire du shopping que nous sommes là, mais pour Sunsqlit… un salon de tatouage !

J’ai fait mon premier tatouage lors de mon voyage en Amérique latine, en 2007. Aujourd’hui au Japon, il était impossible que je résiste à l’envie d’en faire un nouveau. Après avoir demandé des avis et conseils à plusieurs personnes passées sous les aiguilles, avoir fait des recherches sur internet et surtout avoir dégoté cette bible nippone, Tattoo Girls, j’ai jeté mon dévolu sur le salon Sunsqlit à Shibuya.

À force d’en parler et de chercher le modèle parfait, j’ai fini par « contaminer » ma comparse de voyage qui a décidé, elle aussi, de « se mettre le Japon dans la peau ». Nous sommes donc allées toutes les deux à Shibuya, armées de nos images et de photomontages, pour jeter un œil au salon, rencontrer les tatoueurs et prendre rendez-vous. Une fois sur place, mauvaise surprise : pas de place dans le carnet de rendez-vous avant notre départ ! Mais nous ne nous décourageons pas pour autant. Sunsqlit dispose également d’un salon à Ueno. Nous obtenons un rendez-vous aujourd’hui même à seize heures.

 

Nous y rencontrons Okayama-San, l’homme qui va nous marquer à vie. Légèrement dégingandé malgré l’austérité nippone, il fait preuve d’une patience infinie face à mon japonais plus qu’hésitant, lui-même ne parlant pas anglais. Par moments, il se sert d’un traducteur sur internet, choisissant soigneusement ses mots, aussi minutieux dans ses formulations qu’avec ses aiguilles entre les mains. Il esquisse quelques rares et précieux sourires.

Aujourd’hui, Marion-San a définitivement Tokyo dans la peau. De petits oiseaux sur le poignet, déployant leurs ailes comme les myriades de souvenirs dans son esprit. Quant à moi, je dois prendre mon mal en patience. Jusqu’à vendredi. Le temps me ronge, je ressens une telle urgence, un tel besoin de ces quelques gouttes d’encre que l’attente me paraît plus douloureuse que ce que pourrait être le tatouage lui-même. Mais j’attends, sagement, mon rendez-vous de vendredi avec Okayama-San. Et puis la joie de ma comparse lorsqu’elle pose les yeux sur ces petites ombres noires coule en moi et m’apaise un moment…

 

Il est encore tôt lorsque nous ressortons de Sunsqlit. Le tatouage de Marion-San a duré à peine vingt minutes. Pendant que je me tenais à ses côtés, observant les gestes sûrs et précis du frêle mais inébranlable Okayama-San, j’ai été frappée par la facilité avec laquelle on peut ainsi changer son corps de manière définitive… Vingt minutes pour un petit dessin qui sera sur sa peau à vie. Étrange sensation. Comme un paradoxe de chair.

Nous reprenons le chemin d’Akebonobashi sans avoir réellement envie de rentrer. Nous faisons alors une halte chez Antendo, une pâtisserie située sur la Shinjuku dori au niveau de la station Yotsuya-Sanchôme. J’y goutte un petit pain au fromage avec une sorte de crème de crevettes épicée… Une vraie surprise culinaire. Je suis conquise. Le beignet au fromage blanc n’est pas mauvais, mais plus classique. Enfin, le sesame banana milk est un mélange un peu étrange qui séduit Marion-San mais me laisse quelque peu perplexe.

Après cette pause gourmande, il est temps de rentrer. Ce soir, nous nous couchons tôt, une grosse journée nous attend demain.

 

Prochaine escale :

Day 38 : Hakone, mon bout du monde

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Catherine Derieux


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