Day 30 : Shimokitazawa

Mardi 10 août 2010 :

Shimo Kitazawa est un adorable quartier situé à l’ouest de Tokyo, à moins de dix minutes en train de Shinjuku. L’animation se concentre principalement autour de la gare. Au Nord, on trouve de nombreuses petites ruelles avec leurs friperies et magasins de vêtements et accessoires très sympathiques. Au Sud, ce sont plutôt des salles de pachinko, des live bars et des izakaya (où viennent les salary men pour décompresser après le travail). Malheureusement, le quartier est menacé par un projet immobilier qui souhaite réaménager l’environnement urbain, mettant en péril le charme du lieu.

Nous avons commencé notre visite par le côté nord du quartier, prenant plaisir à nous perdre dans les ruelles et à découvrir de merveilleuses petites boutiques. Dans un magasin de cartes postales, j’ai pu dénicher des onglets en formes de chats malicieux et des stickers appareils photo. Dans une friperie nommée Casper, je me suis ruinée pour un sublime jupon comme j’en rêvais depuis des siècles. Ma comparse et moi-même avons également croisé sur notre route un magasin où tout est à 700 yens, une boutique spécialisée dans la déco des années 70, une autre dans les figurines vintages. Nous sommes également tombées sur l’atelier d’une artiste un peu déjantée qui fait des boucles d’oreilles avec de petites ampoules et des colliers avec des engrenages de montres… Je n’ai pas les adresses précises de toutes ces cavernes d’Ali Baba, mais je ne pense pas qu’elles seraient utiles. Il faut aller se perdre dans ce dédale et profiter de l’ambiance de ce charmant petit quartier !

Au cours de notre shopping, nous avons fait un arrêt gourmand chez Deli & Baking Co. J’ai craqué pour une part de « Berry & Butter Cake », un régal ! Et les autres gâteaux donnaient bien envie aussi. Il s’agit en fait d’une sorte de petite brasserie luxueuse et cosy où l’on peut déjeuner ou simplement prendre un goûter gourmant. À tester absolument !

En début de soirée, nous faisons une brève incursion dans la partie sud de Shimo Kitazawa en empruntant la rue principale. L’ambiance est radicalement différente. Peut-être est-ce l’heure et la nuit tombante… Les lumières s’allument, il y a plus de monde. On entend le bruit des salles de pachinkos, les rires dans les bars. Le contraste avec les petites ruelles calmes et ensoleillées est saisissant, mais ce n’est pas pour autant déplaisant.

À 19h, nous retrouvons Amélie, une amie de ma cousine qui vit et travaille à Tokyo. Elle nous emmène dans un izakaya où nous discutons autour d’une bière. Puis elle nous laisse seules le temps d’aller s’acheter un nouveau téléphone. Elle a perdu le sien et, d’après elle, « être injoignable au Japon, c’est pire que d’être SDF en France » ! Nous commandons de quoi grignoter en attendant. À côté de nous, quatre salary men déjà « pompettes » s’amusent bruyamment et à renfort de grands gestes. Ils nous amusent et nous ne pouvons résister à l’envie de leur jeter de brefs coups d’œil. Mais à chaque fois, nos regards sont interceptés et nos voisins s’excusent d’un « sumimasen » confus. Ils finissent par engager la conversation et nous demander d’où nous venons. Comme toujours, le mot « Furansu » déclenche des exclamations ravies. L’un d’eux nous fait montre de son savoir en répétant « Il est une montagne » ou « C’est un étudiant ».

Amélie revient à ce moment-là. Ses notions de japonais (un peu plus opérationnelles que les miennes) nous permettent de poursuivre la conversation avec nos voisins nippons. Nous parlons un peu de la vie en France, des monuments à voir… Amélie sort son petit guide de conversation qui circule autour de la table. L’un des salary men me demande la prononciation de plusieurs mots et s’avère plutôt doué pour le français ! L’ambiance est bon enfant et nous rions beaucoup. Nous chantons même « Aux Champs-Élysées » tous en cœur (en faisant semblant de ne pas entendre nos amis japonais massacrer les paroles). La soirée est régulièrement ponctuée par un joyeux « Tamori Saaan ! », le nom de l’un de nos acolytes. Cela les fait beaucoup rire car c’est également le nom d’un présentateur japonais très connu, reconnaissable à sa sempiternelle paire de lunettes noires, « un Philippe Manœuvre à la japonaise » plaisante Amélie.

Après le départ des salary men, nous nous promenons un peu dans les rues puis nous finissons la soirée dans un petit bar autour d’un verre de vin blanc.

L’une des meilleures journées que j’ai passées à Tokyo depuis mon arrivée (même si j’en ai eu beaucoup d’autres également très sympathiques). Shimo Kitazawa vient directement se placer aux côtés de Shinjuku au panthéon de mes quartiers tokyoïtes préférés. Quand on vient peu de temps au Japon, c’est une partie de la ville qui est souvent mise de côté. Mais c’est bien dommage car cet endroit vaut vraiment le détour !

 

Prochaine escale :

Day 31 : Gôtokuji (Cat Temple) et Todoroki

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Catherine Derieux


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